L’Armagnac est la plus ancienne eau-de-vie française ! Depuis plus de 700 ans, cet élixir gascon à la singularité méconnue détonne dans le paysage des spiritueux car il conserve le vivant du vin dont il est issu.  Cette originalité conduit Patrick de Montal à considérer le millésime comme l’expression la plus aboutie de l’Armagnac.

L’Armagnac, une eau-de-vie vivante

Comprendre la véritable nature de l’Armagnac c’est accepter d’en chahuter la vision établie. 

Issu d’un vin blanc régional distillé dans un alambic particulier, l’Armagnac conserve suffisamment de matière vivante pour exprimer, comme le vin, les caractéristiques d’une année et évoluer dans le temps. Car dans l’eau-de-vie armagnacaise qui s’écoule de l’alambic à 54% ABV persistent encore les éléments organiques, minéraux et végétaux qui constituent l’aspect distinctif du vin frais et l’expression aromatique de son histoire. 

A l’opposé des spiritueux tels que le Cognac (distillé à 74% ABV), le Gin ou la Vodka (distillés à 90% ABV) dont les organismes vivants ont été brûlés par la distillation, l’Armagnac continue son élevage après sa sortie de l’alambic. Il se situe dans la culture des grands vins qui se subliment avec le temps dans le recueillement du chai.

Comme eux, l’eau-de-vie gasconne trouve son âme au plus profond de son terroir dont toute la complexité va s’exprimer à travers les racines de la vigne et le raisin, puis à travers le vin et sa transmutation en eau-de-vie. Goûter l’Armagnac c’est partir à la découverte de cette matière vivante portée par la rencontre de la terre, du ciel et de l’homme.

Les Armagnacs Château Arton incarnent cette vision renouvelée de l’Armagnac. Notre savoir-faire qui, de la vigne au vin et à l’Armagnac, dicte la minutie de nos gestes, nous permet d’élever un très bon vin pour élever un Armagnac d’exception, chacune de ces étapes étant réalisée au domaine. La filiation de l’une à l’autre nous paraît cruciale. Elle trouve toute sa puissance dans la pratique du millésime. 

Exprimer le vivant de l’Armagnac c’est mettre en valeur son empreinte annuelle spécifique. Le millésime s’impose comme son expression la plus accomplie. Prisé des connaisseurs, il est le gage d’une saveur originale et incomparable.

L’Armagnac est la seule eau-de-vie pouvant le justifier pleinement.

La distillation armagnacaise, une exception gasconne

Distiller l’Armagnac c’est extraire du vin sa part la plus subtile, la plus évanescente. Son essence ! Conserver toute cette richesse aromatique du vin est un savoir-faire unique qui requiert un alambic spécifique, propre à la région de Gascogne et utilisé exclusivement pour l’Armagnac. 

La distillation traditionnelle se fait avec un alambic dit « armagnacais » dont le brevet fut déposé par Jacques Tuillière, un poêlier d’Auch, en 1818. Cet alambic en cuivre, à colonnes et à distillation continue permet par sa distillation à basse température, lente et régulière, de conserver plus de composants du vin qu’un alambic à double chauffe. Il existe une centaine de ces alambics dans la région. La plupart sont ambulants, se déplaçant de domaine en domaine pendant la saison de « la flamme » qui s’étend des vendanges au 31 mars de l’année qui suit. 

La distillation est conduite par un bouilleur de cru qui veille jour et nuit, auprès de son alambic, à la lente transformation du vin en eau-de-vie. Son savoir-faire est indispensable pour que cette dernière se charge des meilleurs arômes.

Le vin frais (15% ABV) monte dans la première colonne de l’alambic, puis redescend dans la seconde où il s’écoule en passant par des plateaux. Au fond, il barbote au-dessus de la chaudière, libère des vapeurs qui s’élèvent et rencontrent le vin frais qui descend dans la colonne à plateaux. Celles-ci s’enrichissent des arômes de ce vin et se chargent de l’histoire de son année pour en extraire sa quintessence. 

Lorsque les vapeurs arrivent à saturation, qu’elles ont recueilli tout ce qu’il y avait à recueillir, elles s’écoulent par un conduit qui serpente au coeur de la première colonne, celle du vin frais, se refroidissent et se condensent, donnant naissance à l’Armagnac blanc (54% ABV). 

Logée dans des fûts en chêne, cette eau-de-vie blanche va continuer sa maturation, se teinter de la couleur du bois et s’enrichir de ses arômes pour devenir l’Armagnac ! 

Au domaine d’Arton, la distillation armagnacaise révèle une exaltation du vin et de la nature gasconne qui signe et typifie nos Armagnacs.

L’Armagnac… 700 ans d’histoire !

De mémoire d’homme, la Gascogne est un pays de vignes ! On les retrouve représentées sur les mosaïques des villas gallo-romaines de la région. Le raisin y pousse en abondance et le vin est une activité agricole qui fait vivre le pays. 

La production d’Armagnac est attestée depuis 1310. A cette date, Vital Dufour, prieur de la ville d’Eauze, décrit dans son « Livre très utile pour garder la santé et rester en bonne forme » les atouts d’une eau-de-vie connue sous le nom d’aygue ardente. L’Armagnac fait son apparition grâce à la rencontre de deux civilisations : celle du monde arabe et son alambic, et celle du monde chrétien et ses moines planteurs de vignes. Il ne porte pas encore le nom d’aujourd’hui. Il est alors un remède d’apothicaires. 

En 1461 on le retrouve sur le marché de Saint Sever. Il est devenu une boisson que l’on apprécie pour ses qualités gustatives, une boisson baptisée « le merveilleux ». Historiquement, l’Armagnac est une eau-de-vie précieuse, élaborée en marge de la production vinicole de la région.

A la fin du XIXème, le puceron phylloxera dévaste les vignobles français, n’épargnant pas l’Armagnac, première région viticole de France. Il décime la Folle Blanche, le cépage historique de l’eau-de-vie régionale, mettant fin à l’âge d’or des campagnes gersoises. Les vignes du Bas-Armagnac survivent car l’hydrogéologie de ce terroir les préserve du phylloxera. Celles du Haut-Armagnac, qui poussent sur un terroir plus sec, n’y résistent pas et disparaissent intégralement de la carte.

Patrick de Montal croit aux vertus de ce terroir oublié. Il est le premier en 1991 à replanter des vignes sur le plateau de Lectoure pour ressusciter l’Armagnac de la région. Retrouvant le fil de l’histoire, il redonne au Haut-Armagnac ses lumières d’antan.

  • Comment déguster nos Armagnacs ?

    Prendre le temps de déguster un Armagnac c’est voyager vers une terre d’histoire et de traditions. La Gascogne ! Un paysage de coteaux et de collines aux reflets d’or, de villages aux noms évocateurs qui rappellent la verve exubérante des Mousquetaires.

    En savoir plus
  • Le choix d’Arton : les millésimes jeunes

    Les Armagnacs Château Arton disent notre audace d’avoir cru en la puissance aromatique oubliée du Haut-Armagnac et d’avoir fait de notre engagement à planter nos vignes pour élever nos vins et nos Armagnacs le secret de notre excellence. La clef de notre liberté. Celle de pouvoir façonner de bout en bout un Armagnac à notre image. Celle de rendre justice à la jeunesse des millésimes.

    En savoir plus